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BDSM vs Abus – Apprenez les différences et restez en sécurité

by alban

Y’a énormément de choses à dire sur le sujet BDSM et abus.

Mais au fond, tout repose sur une seule idée : le consentement.

Prenez M. X. Il pleure parce qu’il se fait frapper vraiment très fort pendant une scène. Sauf qu’il a accepté ça bien avant, pendant la phase de négociation. Et surtout : s’il veut arrêter, peu importe la raison, il n’a qu’à dire son mot de sécurité. Son partenaire s’arrête net, et prend soin de lui, que ce soit physiquement ou émotionnement. Une fois que tout ça est géré, c’est M. X qui décide s’il veut continuer ou pas. Et son partenaire respecte ça, point final.

Ça, c’est du consentement.

Mais imaginez l’inverse…

Mme Y essaye d’avoir une relation anale pour la première fois. Elle souffre vraiment, elle demande à son partenaire d’arrêter… et lui, il continue.

Ça, c’est de l’abus.

Une autre façon de voir les choses, et c’est une phrase que j’aime bien :

« Un seul mot suffit pour arrêter une scène BDSM. Un million de mots n’arrêteront jamais un agresseur. »


Le consentement seul ne suffit pas

Oui, le consentement c’est la base. Mais si vous voulez pratiquer le BDSM de manière responsable, y’a d’autres trucs à comprendre.

J’ai parlé de « négociation » tout à l’heure. Concrètement, c’est une discussion qui a lieu avant toute scène. Chaque participant explique ses limites : ce qu’il accepte de faire, ce qu’il est prêt à explorer, et ce qui est totalement interdit pour lui. Ça peut être aussi simple qu’un « oui » ou « non », ou un système plus précis comme une échelle de 0 à 10 (0 = limite absolue, je touche pas).

Quand vous respectez les limites de l’autre, ça construit de la confiance. Et c’est grâce à cette confiance que vous pouvez aller plus loin, explorer des trucs plus intenses, plus vulnérables.

La règle du SSC: Sûr, Sain, Consensuel

C’est un classique dans le BDSM, mais il vaut mieux le rappeler.

Sûr : Vous devez connaître les risques, pour le corps et pour l’esprit, et faire tout votre possible pour les réduire. Exemple : attacher quelqu’un avec des cordes, c’est pas juste faire des jolis nœuds. Il faut comprendre l’anatomie pour éviter d’abîmer un nerf.

Sain : Tout le monde doit avoir la tête claire. Pas d’alcool, pas de drogue. Il faut être capable de distinguer la réalité du fantasme. Le BDSM défoncé, c’est non.

Consensuel : (Consensuel pour Consentement et non pas le Con qui est Sensuel ) Tout le monde est d’accord sur les limites, les mots de sécurité, ce qui va se passer pendant la scène. Et si quelqu’un change d’avis en cours de route, on renégocie. Même en plein milieu. Même si ça prend juste trente secondes.

Un mot sur le « subspace »

Le subspace, c’est cet état un peu secondaire que certaines personnes soumises peuvent atteindre sous l’effet des endorphines. Sur le moment, elles planent. Le problème, c’est que dans cet état, elles ne sont plus toujours capables de prendre des décisions rationnelles ou de communiquer clairement.

C’est pour ça que c’est au dominant ou à la dominante de faire attention. Si vous voyez que votre partenaire est trop profond dans le subspace, vous ne devez surtout pas sortir de ce qui a été négocié. Et parfois, la meilleure décision, c’est d’arrêter complètement la scène. Même si la personne n’a pas dit son mot de sécurité.

RACK : une autre façon de voir les choses

Vous entendrez peut-être parler de RACK. Ça veut dire « Risk Aware Consensual Kink » (kink consensuel et conscient des risques). L’idée, c’est qu’aucune pratique kink n’est vraiment 100% sûre. Tout ce qu’on peut faire, c’est être conscient des dangers et les minimiser.

C’est particulièrement important pour les pratiques à haut risque : privation d’air, jeux de sang, suspensions en cordes… Chaque participant doit savoir dans quoi il s’embarque.

L’aftercare, c’est pas optionnel

Une scène BDSM ne devrait jamais se terminer brutalement. L’aftercare, c’est ce moment où on prend soin de la personne qui a été soumise ou bottom. Un verre d’eau, un en-cas, une couverture, des câlins, ou juste rester là sans rien dire.

Mais l’aftercare, c’est aussi une discussion. Qu’est-ce qui a marché ? Qu’est-ce qu’on pourrait améliorer ? Comment chacun se sent ? Ce retour est hyper important pour renforcer la confiance et pour que les prochaines scènes se passent encore mieux.

Si quelqu’un refuse systématiquement l’aftercare, ou vous le donne seulement « si vous avez bien performé », c’est un énorme signal d’alarme.


Comment repérer un abus déguisé en BDSM

Malheureusement, certaines personnes utilisent les mots du BDSM (mots de sécurité, contrats, dynamique dom/soumis) pour cacher une relation abusive. Voici quelques signes qui doivent vous alerter.

1. On vous force à « consentir »

Si vous dites non et qu’on insiste, qu’on vous fait culpabiliser, qu’on vous dit « un vrai soumis ferait ça » ou « si tu m’aimais vraiment »… ce n’est plus du BDSM, c’est de la manipulation.

2. On « oublie » vos limites

Une fois, ça peut arriver. Deux fois, c’est suspect. Trois fois, c’est un choix. Et si après avoir franchi une limite, votre partenaire minimise (« t’exagères », « c’était pas si grave ») ou vous fait sentir que c’est de votre faute… fuyez.

3. Le mot de sécurité ne sert à rien

Si vous dites votre mot de sécurité et que rien ne s’arrête, c’est un abus. Point barre. Si on se moque de vous parce que vous l’avez utilisé, c’est un abus. Si on vous punit pour l’avoir utilisé, c’est un abus.

4. Pas d’aftercare, ou un aftercare conditionné

L’aftercare, ce n’est pas une récompense. C’est une obligation. Si votre partenaire vous laisse seul(e) après une scène, ou ne s’occupe de vous que si vous avez « bien obéi », il y a un gros problème.

5. La dynamique de pouvoir ne s’arrête jamais

Dans le BDSM sain, on sort du rôle. On discute en égal à égal, on a des moments où le collier s’enlève, où on se retrouve simplement. Si votre partenaire contrôle vos finances, vos déplacements, vos amis, vos réseaux sociaux… et qu’il vous dit que c’est « parce que vous êtes soumis(e) », ce n’est plus du BDSM. C’est de l’emprise.

6. Vous avez peur, pas excité(e)

Quand tu pratiques le BDSM comme il faut, la peur elle est sur commande. Tu choisis de l’explorer, tu sais dans quoi tu t’embarques, et surtout tu peux tout arrêter d’un simple mot. Mais si tu flippes en permanence, si tu passes ton temps à regarder la tête de ton partenaire pour savoir s’il va péter un câble, si tu marches sur des œufs jusque dans ta vie de tous les jours… désolé de te le dire cash, mais c’est plus du jeu. Là, on est en plein dans de la violence.

Une petite règle toute bête à garder dans un coin de ta tête : si tu ne peux pas dire « non » sans que ça te retombe dessus d’une façon ou d’une autre (engueulade, silence punitif, menace, chantage…), alors ce que tu vis, ce n’est pas du BDSM. C’est de l’abus. Point.

Pour finir

J’espère que les choses sont plus claires maintenant. Le BDSM pratiqué par des adultes responsables et consentants, ce n’est pas de la maltraitance. Mais ça demande des garde-fous très stricts : communication, limites, aftercare, et une vraie capacité à dire non sans peur.

Rappelez-vous : même si votre partenaire a toujours été « safe » avant, une seule fois où il ou elle ignore les règles de base, c’est un acte abusif. Ça ne doit jamais être excusé ou toléré.

Prenez soin de vous. Et surtout : un vrai partenaire de jeu respecte toujours votre « non », toujours votre mot de sécurité, et toujours votre intégrité.


Voilà. Si tu veux que je passe encore plus de phrases à l’oral (avec des « ben », « du coup », « voilà quoi »), ou que j’ajoute des petites blagues ou des exemples plus persos pour faire encore plus « humain », dis-moi. Je peux aussi ajuster la longueur ou le ton (plus punchy, plus calme, plus militant, etc.).