
Je dirais que le bondage fait partie de mes trois fantasmes BDSM préférés. Cela ne veut pas dire, cependant, que j’aime toutes les contraintes.
Tout ce qui plie mon genou dans une position inconfortable ou stressante est hors de question. Tout ce qui laisse des marques durables (comme le métal) fait partie des choses que nous évitons (je fais de l’hématome facilement : j’ai un bleu dès que je pense à me cogner quelque part).
Heureusement, le menu est vaste et varié.
QUELLES SONT VOS OPTIONS DE CONTENTION ?
Je parie que la première chose à laquelle tu penses, ce sont les menottes ou la corde.
Tu as raison, MAIS…
Le bondage désigne tout ce qui restreint ou entrave le mouvement (naturel) d’une personne.
PAR EXEMPLE :
Attaches de bras, crochets, bâillons, meubles de bondage, moufles ou monogants, ceintures, capuches, ruban adhésif, jougs, binders, ceintures de chasteté, cockrings, colliers, corsets, entraves, harnais, humblers, barres écarteuses, équipements médicaux ou dentaires, écharpes, cages, croix de Saint-André, film étirable, corde, menottes, sacs de couchage, crosses, camisoles de force, cravates, foulards… La liste est longue.
Les matériaux peuvent également inclure le métal, la toile, le cuir, le plastique, le velcro, le chanvre, la soie, le rembourrage, etc.
Chacune de ces options a ses avantages et ses inconvénients. Par exemple, le métal est facile à nettoyer, le film étirable est bon marché, les attaches en velcro sont faciles à utiliser et permettent de s’échapper rapidement en cas de besoin.
RAISONS POUR LESQUELLES LES GENS AIMENT LE BONDAGE
REDIRECTION DU POUVOIR
Certaines personnes aiment donner ou obtenir du pouvoir sur une autre personne (pour de nombreuses raisons différentes). Par exemple, vous pouvez avoir très peu de « pouvoir » dans votre vie quotidienne. Mais pendant quelques heures, vous êtes en contrôle, vous sentant comme un dieu / une déesse tout en tenant une autre personne à votre merci.
À l’inverse, vous pouvez ressentir le poids des décisions constantes, de la gestion d’une entreprise ou d’une responsabilité écrasante. C’est agréable de lâcher prise et de laisser quelqu’un d’autre décider à votre place. Bien sûr, ce n’est pas uniquement lié au bondage, mais certaines personnes trouvent cette libération précisément à travers lui.
ÊTRE LIBRE DE LA CULPABILITÉ
La société associe souvent la sexualité et certains actes sexuels à un sentiment de culpabilité. Être attaché·e peut permettre de se sentir « impuissant·e » et ainsi de ne pas se sentir responsable de ce qui arrive, ce qui libère d’un certain poids.
SÉCURITÉ ET RÉCONFORT
Souvent, les personnes qui reçoivent le bondage décrivent le fait d’être solidement attaché·es comme un énorme câlin ou un retour au ventre maternel.
EFFETS ÉROTIQUES
Celle-ci est assez évidente.
MÉDITATION OU RELAXATION
Surtout avec des formes de bondage qui vous laissent complètement immobile, quand vous êtes allongé·e sans rien d’autre que vos pensées, il est facile pour certaines personnes de sombrer dans un état méditatif. Il n’y a pas d’autre choix que de se tourner vers l’intérieur.
FINS ESTHÉTIQUES
Parfois, c’est tout simplement beau – surtout quand on s’intéresse aux nœuds japonais complexes. Magnifique !
JEU DE RÔLE OU ÉVASION
Jouer à l’imaginaire, ce n’est pas réservé aux enfants. S’imaginer dans une situation ou un scénario différent peut être comme de petites vacances revitalisantes.
SENSATIONS TACTILES
La sensation de certains matériaux contre la peau peut avoir divers effets (pensez au plaisir de porter un pyjama en soie).
… et tout simplement l’EXCITATION !
LESQUELS CHOISIR ?
Je dirais que cela dépend beaucoup du type de jeu que vous recherchez et de votre niveau d’expérience actuel.
Si vous n’avez jamais joué avec des attaches, évitez la corde, les liens, les collants ou les écharpes. Je sais que de nombreux sites recommandent ces accessoires car ils sont peu coûteux et faciles à trouver.
MAIS…
Ce sont les PIRE choix pour les débutant·e·s, car (si vous voulez jouer en sécurité) ils demandent BEAUCOUP de connaissances sur la manière de faire des nœuds et une solide formation sur l’anatomie (points de pression, articulations). Des poignets rembourrés avec du velcro et des fermoirs métalliques seraient bien plus adaptés pour commencer.
Cherchez-vous quelque chose d’esthétique et de flatteur ? Les corsets et les collars peuvent être parfaits.
Et si vous voulez explorer le jeu de rôle ? Le matériel médical / dentaire ou les camisoles de force fonctionnent bien.
Ce n’est pas non plus une bonne idée de dépenser tout un budget dans des meubles BDSM tant que vous n’êtes pas sûr·e de vouloir vous en servir régulièrement.
RESTRICTIONS, DÉFIS, JEUX
Attacher quelqu’un ne doit pas forcément rimer avec « immobilisation totale ». Il y a une infinité de choses à essayer.
- Les bandeaux sont la façon la plus simple de s’initier à un bondage léger. Comme vos yeux sont couverts, vos mouvements sont limités. EN PLUS, nous savons tous·tes comment les autres sensations sont décuplées quand on prive un sens.
- Des contentions pour les bras ou les mains peuvent être utilisées pendant que votre soumis·e essaie de vous servir du vin ou de nettoyer quelque chose (peut-être avec un temps limité ou en guise de « punition »).
- Porter un bâillon ou un écarteur dentaire en essayant de réciter de la poésie – Tu pourrais rire ou grimacer, mais JE SAIS que tu jouais au « lapin potelé » quand tu étais enfant… ou adulte. Tu sais, quand tu mets une tonne de guimauves dans ta bouche et que tu essaies de dire « lapin potelé ». Eh oui : les bâillons, c’est un peu ça.
- Une autre chose amusante à essayer : attacher les mollets, les cuisses et le haut des bras de votre partenaire (note : on n’attache PAS les chevilles, les genoux et les coudes) et le ou la faire « ramper » au sol pour attraper quelque chose et vous le rapporter. Riez-en, mais franchement, c’est un super exercice !
- Se promener en public avec une ceinture de chasteté (masculine ou féminine) sous ses vêtements peut être très excitant. Personne, à part votre partenaire, ne fait attention à vous. Pourtant, vous avez vraiment l’impression que tous les regards sont tournés vers vous. Pour certaines personnes, ce petit secret coquin est très érotique.
SÉCURITÉ
Même en jouant avec des formes modérées de bondage, la sécurité est indispensable.
Rien ne garantit une sécurité à 100 % (surtout avec des formes plus élaborées). C’est comme conduire : on peut être aussi prudent·e que possible, et la plupart du temps tout se passe bien, mais parfois les choses dérapent.
COMMENCEZ PAR LES BASES
Si vous et votre partenaire débutez dans le bondage, vous devez discuter de tout à l’avance – on parle de plus de communication que ce que vous donnez à votre psy ou à votre meilleur·e ami·e venu·e avec les derniers potins.
SOYEZ PRUDENT·E, SAIN·E D’ESPRIT ET CONSENSUEL·LE (SSC)
Aujourd’hui, on ajoute souvent d’autres principes comme RACK (Risk-Aware Consensual Kink, soit « pratiques kink consensuelles et conscientes des risques ») et PRICK (Personal Responsibility, Informed Consensual Kink, soit « responsabilité personnelle, kink consensuel et éclairé »). L’idée est de bien peser les risques et d’y consentir en pleine connaissance de cause.
Ajoutons aussi un autre « S » à l’acronyme SSC : SOBRE (sobre). En aucun cas on ne pratique le bondage en état d’ébriété. Un verre de vin pendant le dîner peut être acceptable, mais pas plus… quelle que soit votre tolérance supposée.
Le jeu BDSM exige que la personne ayant le pouvoir (le top) soit responsable et en pleine possession de ses moyens.
Le niveau de confort peut aussi changer (ou s’effondrer complètement) selon le degré de retenue. Une personne peut accepter un bâillon mais paniquer si elle porte un masque complet.
De même, quelqu’un peut être à l’aise avec seulement les jambes attachées, mais un sac de couchage (ou tout ce qui rend tout le corps immobile) pourrait déclencher des crises de panique.
C’est là que la communication, les essais progressifs et les mots de sécurité sont, encore une fois, essentiels. L’état émotionnel de la personne soumise est tout aussi important que sa santé physique.
PETITE NOTE : On se concentre souvent davantage sur la sécurité des personnes en position de bottom / sub (parce qu’elles se retrouvent dans une situation plus risquée). Cependant, le jeu doit être amusant pour les deux parties. Le bien-être émotionnel et physique de chacun·e compte. Donc, si un top n’est pas à l’aise avec l’utilisation de quelque chose, cela doit être respecté.
En savoir plus sur les mots de sécurité ici :
Cornichons, Porc-épic, Pologne – BDSM : quel mot de sécurité choisir ?
CHOSES À SURVEILLER
Que ce soit du bondage à la corde ou autre, il faut être attentif·ve à…
- DIMINUTION DE LA CIRCULATION – engourdissement, changement de couleur, froid (qui peuvent survenir lentement). Nécessite une action et une vigilance.
- LÉSIONS NERVEUSES – douleur aiguë ou lancinante, faiblesse, picotements (qui peuvent survenir rapidement). Nécessite une action immédiate.
Assurez-vous de vérifier régulièrement avec la personne attachée qu’il n’y a pas de sensations bizarres, de picotements ou de froid.
LISTE DES CHOSES À FAIRE ET À NE PAS FAIRE
- Ne serrez pas trop les attaches.
- Ne laissez jamais une personne attachée sans surveillance, pour quelque raison que ce soit.
- Évitez la zone du cou, sauf avec du matériel spécifiquement conçu (colliers) et jamais en exerçant une pression.
- N’utilisez pas de menottes sans système de double verrou.
- Ne placez rien sur la bouche ou le nez lorsque la personne est attachée sans possibilité de retirer l’objet elle-même.
- Ayez des ciseaux médicaux (à bouts ronds) à portée de main pour une coupe d’urgence.
- Ayez deux ou trois clés supplémentaires disponibles (si vous en perdez une).
- Gardez les voies respiratoires dégagées si vous utilisez un bâillon.
- Évitez et soyez attentif·ve aux points de pression et aux articulations.
- Surveillez la durée pendant laquelle la personne est attachée.
- Demandez à la personne soumise de confirmer son mot de sécurité si le jeu devient intense.
Il y a des « exceptions » évidentes…
Par exemple, j’ai dit « éloignez-vous de la gorge ».
Cependant, les colliers sont conçus pour être portés autour du cou (il faut juste ne pas les serrer et ne pas tirer brusquement). Et surtout, ne promenez pas votre sub en laisse en exerçant une pression directe sur les zones vitales ou la colonne vertébrale.
Bonne chance dans ton parcours de bondage. N’oublie pas de t’amuser et de rester en sécurité !
Améliorations apportées :
- Correction des fautes de grammaire, de syntaxe et de frappe.
- Ajout de précisions sur les principes modernes de sécurité (RACK, PRICK).
- Clarification des risques nerveux et circulatoires.
- Utilisation d’un langage plus inclusif (point médian, écriture épicène).
- Actualisation de certains exemples et conseils pour refléter les pratiques actuelles.