Tu penses que tester des sextoys, c’est le job de rêve ? Ouais, je peux comprendre. Des jouets gratuits, du plaisir à gogo, des orgasmes à la chaîne… Beaucoup de gens imaginent ça. Mais franchement, la vraie vie est un peu moins glamour.
En réalité, c’est pas juste essayer un truc une fois et balancer « j’aime » ou « j’aime pas » sur Internet. Être testeur ou critique, ça demande du sérieux, de la méthode, et pas mal de rigueur. Alors voici 7 conseils pour savoir à quoi vous attendre.
1. Il faut apprendre, avant de donner ton avis
Tu ne peux pas analyser un sextoy sans rien connaître au sujet. Ça paraît évident, mais beaucoup de gens sautent cette étape.
Un bon testeur, il sait répondre à des questions comme :
- Le nettoyage : Comment ça se nettoie, ce machin ? Est-ce que c’est simple ou alors y’a des petits coins cachés où les fluides s’accumulent ? Parce que si c’est galère à laver, ça peut devenir dangereux pour la santé.
- Les matériaux : Tous les matériaux ne se valent pas. Certains sont safe, d’autres carrément toxiques. Malheureusement, il y a encore pas mal de merdes sur le marché. Il faut savoir reconnaître le bon silicone, le verre, le métal, et fuir le PVC, le jelly ou les plastiques douteux. Et aussi, faut parler du toucher : est-ce que c’doux ? Rugueux ? Glissant ? Ça compte.
- Le moteur et les vibrations : Est-ce que ça vibre fort ? Est-ce que c’est des vibrations profondes (on dit « rumbly ») ou plutôt des vibrations de surface, agaçantes (« buzzy ») ? La batterie tient combien de temps ? Pour se recharger, c’est long ? C’est USB ou piles ?
- Les marques : Faut comprendre la différence entre une marque blanche (le même jouet vendu sous dix noms différents) et une vraie marque qui conçoit ses produits. Ça change tout sur la qualité.
- L’anatomie : Le jouet est-il adapté au corps humain ? Par exemple, un plug anal sans base large, c’est dangereux. Les courbes du vibro, elles tombent au bon endroit ? Un testeur un minimum sérieux connaît ces bases.
- Ton propre corps : Ça peut sembler bizarre à dire, mais il faut être honnête sur ta propre anatomie. Beaucoup de critiques expliquent où est leur col de l’utérus, si elles ont une zone sensible ou pas, quel type de vibrations elles préfèrent. Non, c’est pas pour dégoûter les gens. C’est pour que les lecteurs puissent se dire : « Ah, elle est comme moi, donc son avis va peut-être m’aider. »
Bref, y’a du boulot. C’est pas juste allumer et jouir.
2. Sois minutieux, vraiment
Quand tu testes un produit, rien ne doit t’échapper. Même l’emballage, même le petit livret de instructions que personne ne lit d’habitude.
Regarde :
- L’emballage : il est écolo ? Trop grand ? Pratique pour ranger ?
- Le bruit : parce que certains jouets, on dirait une tondeuse à gazon, et ça peut déranger.
- Les accessoires : câble, sac de rangement, notice… Tout est là ? C’est de bonne qualité ?
Et surtout, prends des photos. Beaucoup de photos. Le produit dans sa boîte, le câble, le sac, le jouet sous tous les angles, à côté d’une pièce pour voir la taille. Les gens aiment voir.
Si tu testes pour une marque (dans le cadre du développement du produit), plus tu donnes de détails, mieux c’est. Ne dis pas juste « c’est bien » ou « c’est nul ». Explique pourquoi. Sois précis. Sinon, ça ne sert à rien.
3. Il faut tester plusieurs fois, pas qu’une seule
Ton humeur, ta fatigue, ton cycle si tu es une personne qui a ses règles… Tout ça change la façon dont tu ressens un sextoy.
Je te donne un exemple : essayer un vibro pendant les règles, ça n’a rien à voir avec l’essayer en dehors. Parfois c’est moins agréable, parfois c’est plus apaisant. Un jour ça te paraît trop fort, la semaine suivante c’est parfait.
Donc pour donner un avis honnête et utile, il faut multiplier les essais. À différents moments, dans différentes conditions. Un vrai testeur, il prend son temps.
4. Tu pourrais recevoir des prototypes (des jouets pas finis)
Les nouvelles gammes, les jouets innovants, ils passent souvent par un stade prototype. Parfois, les entreprises font tester ces prototypes par des employés. Mais parfois, elles font appel à des testeurs externes.
Exemple concret : une amie a reçu un prototype tellement brut qu’il n’avait même pas de compartiment pour les piles. Juste des fils à brancher sur une boîte à tension. Oui, ça existe.
Dans ce cas, tu n’es pas là pour t’amuser. Tu es là pour aider à construire le jouet. Il faut donner des retours techniques : la forme, le poids, l’équilibre, le bruit, la puissance… C’est super intéressant, mais tout le monde n’aime pas ça.
5. Non, tu n’auras pas toujours des jouets gratuits
Ça, c’est le grand malentendu. Beaucoup de gens croient que testeur = sextoys gratuits à volonté. La vérité est plus compliquée.
Des fois, si t’as de la chance, une petite marque t’enverra un jouet gratuit en échange d’un avis honnête. Mais les gros distributeurs, eux, te demandent souvent d’acheter plusieurs produits, de laisser un avis pour chacun, et ensuite ils t’offrent un petit truc de ta liste d’envies. C’est pas vraiment « gratuit ».
Et si tu es blogueur, ou influenceur sur Instagram, et que tu rêves d’écrire un jour à une entreprise pour demander un échantillon gratuit contre un avis honnête… Bon, faut redescendre sur terre. Les entreprises, ce sont des commerces. Si elles te donnent quelque chose, elles veulent quelque chose en retour. À moins de pouvoir prouver que tu leur envoies beaucoup de visiteurs (vraiment beaucoup), elles ne seront pas intéressées. Avoir 500 abonnés, c’est trop peu.
6. Les jouets ne sont pas toujours agréables à utiliser
Non, tester des sextoys, ce n’est pas une succession d’orgasmes à rallonge. Si l’orgasme peut arriver, ce n’est jamais le seul but.
Parfois, tu vas tomber sur des jouets que tu n’aimes pas. Pour plusieurs raisons :
- Ce n’est pas ton style, pas ce que tu utilises d’habitude.
- La forme ne correspond pas à ton corps.
- C’est juste mal fabriqué : moteur bruyant, boutons mal placés, recharge qui foire…
C’est normal. Tu ne vas pas aimer tous les jouets. L’important, c’est d’analyser pourquoi tu ne l’aimes pas, et de rester professionnel.
7. Il faut être objectif
Franchement, y’a une énorme différence entre « ce jouet est nul » et « ce jouet est pas fait pour moi ». Beaucoup de gens mélangent les deux.
Un exemple tout bête : toi, t’aimes les vibrations fortes, profondes, qui secouent bien. Et là, tu testes un jouet qui fait juste « zzzzzz » en surface, un truc léger, presque aérien. Est-ce que c’est un mauvais jouet pour autant ? Non. C’est juste pas ton truc. D’autres personnes, qui préfèrent des vibrations douces et rapides, vont probablement adorer. C’est une question de goût, pas de qualité.
Par contre, si le vibro s’arrête au bout de 15 minutes, ou qu’il devient brûlant au toucher, ou que tu galères à le nettoyer parce que la saleté rentre dedans… Là oui, c’est de la merde. Vraiment. C’est objectivement mauvais.
Tiens, un truc qui m’a toujours fait rire : j’ai déjà vu des gens dire qu’un jouet était « nul » ou « pas rentable » juste parce qu’ils n’aimaient pas la couleur. Je déconne pas. Sérieusement, quoi. C’est complètement idiot. Un bon critique, il doit savoir dire ce qui va et ce qui va pas, reconnaître les qualités même si le produit n’est pas pour lui, et ne pas se laisser aveugler par ses petites préférences perso.
Conclusion : c’est du boulot, mais ça vaut le coup
Alors, être testeur ou critique de sextoys, est-ce que ça demande du travail ? Oui, clairement, et pas qu’un peu. Faut apprendre, être méticuleux, tester encore et encore, accepter des prototypes bizarres, supporter les déceptions, et surtout être honnête – avec les autres, mais aussi avec toi-même.
Mais franchement, est-ce que ça vaut le coup ? Oui, carrément. Tu mélanges le plaisir, la découverte technique, l’échange avec une communauté, et des fois tu participes carrément à créer de meilleurs produits. Si t’es curieux, un peu maniaque sur les détails, et que t’aimes raconter ce que tu vis… Lance-toi. Mais au moins, maintenant, tu sais à quoi t’attendre, hein.