Une banane bien innocente sur fond rouge – ou pas.
Je vais vous raconter une histoire un peu absurde, mais totalement vraie.
Une connaissance à moi avait décroché un rôle dans une émission de télévision. Le concept ? Un mélange entre un concours de chant et du streaming quotidien. Franchement, je n’ai jamais vraiment pris le temps de comprendre les règles. Trop de blabla, trop de faux suspense, vous voyez le genre.
Donc je n’écoutais qu’à moitié, je l’avoue.
Mais un détail a fini par capter mon attention. Un jour, cette amie m’a dit, sur un ton mi-frustré mi-amusé, qu’on lui avait interdit de manger des bananes à l’antenne.
J’ai d’abord cru à une blague.
« Attends, tu veux dire que tu n’as plus le droit de croquer un fruit ? On vit dans quel monde ? »
Elle m’a expliqué calmement : elle mangeait sa banane de façon tout à fait normale, sans geste ambigu, sans regard appuyé. Rien. Juste une fille qui a faim et qui aime les fruits.
Mais voilà. D’autres candidats, sur leurs propres streams, avaient eu la main lourde. Très lourde. Disons qu’ils avaient décidé de faire de leur fruit un accessoire… comment dire… très suggestif.
Et là, mon attention est passée de 0 à 100 en une seconde.
Ce n’était pas qu’une affaire de télévision
Je me suis renseigné, comme on fouille un sujet qui nous intrigue le soir au lit avant de dormir. Et j’ai découvert que cette histoire ne concernait pas seulement cette émission. Non, non. Le phénomène était bien plus large.
Sur plusieurs réseaux sociaux – et je parle ici d’un pays bien spécifique, celui avec le drapeau rouge et les petites étoiles jaunes, vous voyez lequel ? – la tendance était en train de devenir virale.
Pourquoi ? Parce que dans ces plateformes, il y a des millions de dollars à se faire. Chaque vue compte. Chaque clic sur le bouton « s’abonner » peut remplir des poches. Alors les utilisateurs cherchent tous les moyens possibles de se démarquer.
Et vous connaissez le vieux dicton : « Le sexe se vend toujours ».
Sauf que dans ce pays-là, la structure du pouvoir n’aime pas trop qu’on joue avec cette idée. L’État veille. L’État contrôle. L’État censure.
Du coup, l’affaire de la banane érotique a très vite fait la une des journaux officiels. Je vous jure, j’ai vu des titres du genre : « Interdiction des comportements suggestifs en direct ». Mais tout le monde savait de quoi on parlait vraiment.
Et ce n’est pas fini
Vous croyez que l’histoire s’arrête là ? Détrompez-vous.
À peine le temps de digérer cette nouvelle – sans mauvais jeu de mots – que d’autres objets ont rejoint la liste noire.
Je parle des bas montants. Des mi-cuisses. Des accessoires moulants ou légers. Tout ce qui pourrait, de près ou de loin, évoquer quelque chose de légèrement coquin.
Officiellement, les autorités ont expliqué vouloir « réhabiliter la santé cybernétique » du pays. Oui, vous avez bien lu. « Santé cybernétique ». Comme si Internet avait besoin d’un régime sec et d’une cure de vitamines.
Moi je me demande sincèrement : à quand l’interdiction des aubergines ? Parce qu’il ne faut pas se mentir, l’aubergine, dans l’imaginaire collectif, elle n’évoque pas vraiment un légume pour faire une ratatouille, si vous voyez ce que je veux dire.
Et les concombres ? Et les courgettes ? Tous ces fruits et légumes de forme cylindrique, ils sont sur la sellette ?
À ce stade, plus rien ne m’étonne.
Mon avis perso (parce que j’en ai un)
Franchement, je ne suis même plus surpris par ce genre de décisions. Ce pays a une longue histoire de censure, de contrôles, de lignes rouges à ne pas franchir. Parfois c’est ridicule. Parfois c’est inquiétant.
Mais là, avec la banane, on touche le sommet de l’absurde.
Imaginez un instant : vous êtes en pleine session de streaming, vous avez faim, vous sortez une banane de votre sac, et boum – vous êtes signalé, banni, ou pire, vous devenez la risée du net.
Tout ça pour un fruit.
Un fruit sain, bio, plein de potassium.
Alors oui, je comprends que certains en fassent des tonnes. Je ne défends pas les gens qui transforment un goûter en numéro de cabaret. Mais interdire la banane à tout le monde, y compris à ceux qui la mangent proprement, c’est un peu comme interdire la voiture parce que certains conduisent ivres.
Vous ne trouvez pas ?
En résumé
Voilà où on en est. Un pays puissant, une censure qui s’étend, des fruits bannis, des bas montants sur liste noire. Le tout au nom de la « cybersanté ».
Moi ce que j’en dis : mangez des bananes, tranquillement, chez vous, sans streamer. Et si vous voulez faire un clin d’œil coquin, faites-le en privé. Parce que sur Internet, on ne sait jamais qui regarde. Et encore moins qui décide d’appuyer sur le bouton « supprimer ».
Sur ce, passez une excellente journée.
Allez, je vous laisse. Moi, je vais me faire une salade de fruits. Mais promis, je vais manger tout ça bien sagement.