Pour les médecins et les infirmier·es, tout problème qui franchit la porte des urgences relève du « business as usual ». Certes, quelques histoires finissent par circuler à la salle de pause (du genre des objets incongrus coincés dans le derrière), mais dans l’ensemble, plus grand-chose ne les étonne.
Une exception, peut-être : le récit d’un homme débarqué aux urgences en se plaignant d’une douleur au pénis.
Et quand je parle d’un récit, il ne s’agit pas d’une invention pour faire le buzz… c’est un véritable cas clinique publié, photos à l’appui (photos que je ne mettrai PAS ici).
Alors, un type entre dans un bar… aux urgences, donc.
L’infirmière applique la procédure habituelle et pose les questions d’usage. Le patient se plaint d’une fièvre depuis quelques jours. En plus, il vomit tripes et boyaux et ressent des « myalgies diffuses » — autrement dit, une « douleur générale ».
Le problème, c’est que ça ne suffit pas à orienter le diagnostic.
Les questions continuent.
Vous pouvez l’imaginer, assis là, à se tortiller sur sa chaise, livide, des sueurs froides dégoulinant sur son visage. Il finit par lâcher : il a une douleur insupportable au scrotum.
La raison ?
Il se masturbait de façon frénétique et répétée avec du savon liquide.
Les frictions vigoureuses avaient provoqué des micro-déchirures, et ces minuscules coupures se sont infectées. L’article médical détaille ensuite tout le reste en jargon professionnel. Pour qu’on ait tous la gorge séchée et les yeux humides, voici la version grand public.
Il souffrait de…
ERYTHÈME — c’est le terme général pour une rougeur cutanée liée à des capillaires sanguins lésés ou enflammés. Il peut apparaître pour mille raisons (médicaments, maladies), mais l’une des principales reste bien sûr l’infection (aucune surprise).
ŒDÈME — un gonflement causé par une accumulation de liquide dans les tissus.
CALOR — tel que c’est décrit, on se croirait en pleine médecine traditionnelle chinoise (c’est l’un des quatre « signes classiques » avec dolor, rubor et tumor). Concrètement, ça veut dire « chaleur ».
ESCARRE (ou eschare) — là, on entre dans le peu ragoûtant : il s’agit d’une portion de tissu mort qui se détache de la surface de la peau. Pensez à une brûlure ou à une infection fongique.
Si vous n’avez pas encore fait le lien, je vous donne un indice.
Que se passe-t-il quand une infection cutanée est laissée trop longtemps sans traitement ?
Ça commence par un « g »…
Oui, la gangrène.
Ce monsieur s’est offert une gangrène de Fournier (le nom « Fournier » indique simplement que ça touche la région génitale).
Que pensez-vous qu’il lui soit arrivé ?
Il existe de quoi imaginer un paquet de scènes douloureuses, avec des morceaux qu’on coupe. Lui a vite été mis sous antibiotiques et envoyé au bloc. Il a finalement eu besoin, non seulement du bistouri pour retirer les tissus morts, mais aussi de greffes de peau pour sauver ce qui restait de son pénis et lui redonner une fonction.
Alors… vous avez besoin d’un câlin, là, tout de suite ?
Il est important de le dire : toutes les séances de masturbation ne vous envoient pas à l’hôpital. C’est très rare. Mais cette histoire montre à quel point une bonne hygiène est essentielle et pourquoi il ne faut pas hésiter à consulter dès que ça commence à faire mal — sans attendre que des parties du corps tombent littéralement.
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