Les orgasmes font partie de la santé sexuelle, c’est entendu. Mais qu’en est-il de notre santé émotionnelle, de notre amour de soi ?
Dans cet article, on regarde de près tout ce que la masturbation consciente apporte, on traverse les écueils émotionnels possibles, et on voit comment intégrer ces moments d’intimité avec soi dans le quotidien, de plusieurs façons différentes.
D’abord, le physique
Un orgasme déclenche une vraie décharge hormonale : endorphines, prolactine, ocytocine, DHEA. En parallèle, la circulation s’accélère, le taux d’œstrogènes augmente (ce qui aurait un effet stimulant sur le collagène), tandis que le cortisol diminue.
Tout cela forme un cocktail plutôt efficace : une peau et des cheveux en meilleure forme, un vrai entraînement pour le cerveau (dans le bon sens), un meilleur sommeil, un coup de pouce à l’immunité, une sensation de bonheur plus présente et moins de douleur.
Mais y a-t-il un revers ?
Beaucoup de femmes constatent qu’une sexualité épanouie renforce la confiance en soi. Le lien avec le partenaire peut aussi se resserrer. Ce n’est pas vrai pour tout le monde, cependant.
Certaines ressentent après coup une vague de culpabilité ou un sentiment de ne rien valoir, comme si elles avaient fait quelque chose de sale. D’autres se forcent à passer à l’acte pour être sexuelles pour quelqu’un d’autre. D’autres encore le font par ennui, ou par habitude, plutôt que par plaisir.
Pour les deux premiers cas, le seul conseil que je me sente légitime à donner, c’est : VOUS NE VALEZ RIEN DE MOINS, ET VOUS N’ÊTES PAS SALES. Vous méritez de ressentir du plaisir. Au-delà de ça, c’est vraiment le genre de sujet à aborder avec un professionnel. Ne serait-ce que pour avoir en face de soi une paire d’oreilles dont on sait qu’elle ne jugera pas. Et, au mieux, quelqu’un qui a l’expérience nécessaire pour aider à traverser la culpabilité ou le malaise, à son propre rythme.
Donc si vous lisez ces lignes et que la masturbation, ou toute forme d’intimité avec vous-même, est compliquée, ne vous sentez aucune obligation de changer quoi que ce soit à cause de cet article. Il peut simplement servir à s’informer, ou rester dans un coin de votre tête pour le jour où vous serez prêt·e.
Comment associer orgasmes et amour de soi

Comme pour toute autre forme de soin personnel, se brosser les dents, prendre un bain ou aller marcher, il faut se réserver un peu de temps à consacrer à son plaisir.
Les chiffres varient selon les personnes, mais l’idée générale est de commencer par 30 minutes. C’est en principe assez pour s’installer, explorer, jouer, et, on croise les doigts, atteindre le grand O. Ce n’est qu’une suggestion : si vous avez besoin de plus, prenez plus. Moins, et on rate un peu l’objectif du soin de soi.
Exploration préalable
Si vous ne connaissez pas bien votre corps, au sens du plaisir, cela vaut la peine de prendre un moment pour explorer vos zones érogènes avant de vous lancer dans une séance.
Testez différentes techniques de masturbation, mais aussi des positions ou des lieux. La salle de bain vous parle peut-être plus que la chambre. Le point G vous intéresse peut-être plus que le clitoris. Et il y a la position sur le dos, ou sur le ventre. Il n’y a pas de mauvaise façon de faire, seulement la vôtre.
Et n’oubliez pas un bon lubrifiant à base d’eau. Rien de bon ne se passe quand c’est sec.
L’échauffement
Une fois vos 30 minutes décidées, consacrez les 10 premières minutes, ou plus si vous en avez besoin, à vous installer confortablement et à vous mettre dans l’ambiance. Vous pouvez :
- écouter votre musique sexy préférée
- lire un livre érotique ou en écouter la version audio
- régler une lumière tamisée
- regarder le porno qui vous plaît
- vous toucher et vous caresser lentement, doucement
- fantasmer sur ce qui vous fait envie
Le moment
C’est maintenant que vous commencez à vous faire du bien, avec les techniques de masturbation que vous aimez. Rien ne vous oblige à foncer : vous pouvez y aller en douceur si c’est votre préférence.
Et il est important de le rappeler : les orgasmes, c’est formidable, mais ce n’est pas l’objectif absolu. Cela peut sembler contredire tout cet article, et pourtant : la pression de jouir produit souvent l’effet inverse.
Alors profitez plutôt du temps que vous passez avec vous-même. Soyez présent·e, savourez les sensations et les sons qui montent, les fourmillements et les vagues. Connectez-vous à votre corps, et si ça se termine en apothéose, tant mieux ! Sinon, ce n’est PAS du temps perdu : vous vous êtes fait du bien et vous avez consacré du temps à prendre soin de vous. En revanche, ne continuez surtout PAS quelque chose qui ne vous fait pas du bien, en espérant franchir une barrière et ressentir enfin quelque chose de positif de l’autre côté.
Cela dit, si vous avez régulièrement du mal à atteindre le sommet, vous avez le droit de demander un peu d’aide à un sextoy. Si vous ne savez pas ce qui vous conviendrait, voici un aperçu :
- Les baguettes magiques donnent en général des vibrations plus profondes et plus larges
- Les vibromasseurs bullet sont plus précis, et moins puissants qUn orgasme déclenche une vraie décharge hormonale : endorphines, prolactine, ocytocine, DHEA. En parallèle, la circulation s’accélère, le taux d’œstrogènes augmente (ce qui aurait un effet stimulant sur le collagène), tandis que le cortisol diminue.ue les baguettes
- Les baguettes à embout précis sont des vibromasseurs clitoridiens intenses
- Les vibromasseurs classiques ou lapins sont destinés à un usage interne et ciblent souvent le point G
Essayez un sextoy piloté par application. Vous réglez les niveaux de vibration bas, moyen ou élevé selon ce que votre corps préfère !
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Le retour au calme
Une fois tout terminé, dans un cri ou dans un soupir, ne vous précipitez pas vers le reste de votre journée. Prenez quelques minutes pour vous détendre et savourer. Il y a peut-être des choses à changer la prochaine fois ? Ou, au contraire, quelque chose à refaire absolument ? Vous pouvez aussi glisser quelques affirmations positives.
Self-care et orgasmes : pour finir
Mettre la pression pour terminer chaque séance sur un orgasme à faire dresser les cheveux, ce n’est pas une obligation. Et il est normal que ça n’arrive pas toujours. Ils peuvent être minuscules, fugaces, absents. L’essentiel est d’apprendre une autre forme de soin de soi : une façon de se connecter à soi et de s’aimer, sans avoir besoin d’être validé·e par un autre corps entre les draps.
Alors, allez-y, et soyez bienveillant·e avec vous-même !